L’Hydroptère évoque l’instant précis où le voilier quitte presque l’eau, porté par le vent et la houle. La composition privilégie l’espace, le silence et la tension du mouvement : un corps élancé, des voiles tendues, une navigation à la frontière de l’équilibre.
Le travail de matière joue un rôle central dans l’expérience sensible. Les collages de papier donnent aux voiles une texture vibrante, parcourue de plis et de reliefs, comme traversée par l’air. Le sable, intégré à la peinture, suggère le souffle du vent et le frémissement de la mer, non comme un décor, mais comme une sensation physique.
La toile de lin est entièrement recouverte d’un gesso blanc, support d’un geste libre et énergique. Les traces, les frottements et les transparences participent à une impression de vitesse contenue, de mouvement suspendu. L’œuvre ne cherche pas à décrire une scène, mais à faire ressurgir une mémoire : celle d’un horizon ouvert, du vent sur le visage, de la mer perçue plus que vue.
Avec L’Hydroptère, la peinture devient un espace de projection intérieure : une présence apaisée et dynamique à la fois, capable d’évoquer des sensations déjà vécues, et de les faire durer dans le temps.

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